En route vers Cuba

10 janvier 2016

C’est avec un mélange d’anxiété, de joie et de tristesse que je laisse partir Ariane de l’aéroport. Mon vélo dans sa boite, mes deux sacoches prêtes pour le périple, je franchis les portes de l’aéroport avec un sentiment jusqu’alors inconnu. Il aura fallu attendre presque 45 ans pour que je parte pour la première fois en vacances seul, sans plan définitif et avec des morceaux d’itinéraires aléatoires, tant au niveau de la qualité de la route qu’au niveau des possibilités de s’alimenter et de dormir.
Je crois que tout va bien se passer, mais c’est toujours un peu effrayant de se retrouver seul dans des zones reculées. Mais bon Cuba devrait remplir son lot de promesses et c’est un départ.

La file à l’aéroport est interminable et ce moment à passer au milieu des gens qui se ruent vers les tout inclus est toujours un moment que je trouve particulièrement décalé. Je vais au même endroit qu’eux, mais l’expérience que nous allons vivre est aux antipodes. Il y a les couples avec leurs enfants, les jeunes tonitruants qui se sont mis de chapeaux et des colliers tahitiens, les raleurs qui s’impatientent pour aller prendre le même vol que tout le monde, ceux qui se sentent les rois de la terre parce qu’ils peuvent s’offrir une parcelle de vacances avec quelqu’un d’exploité à leur service. Et moi. Seul avec mes doutes et mes joies.

Finalement, on monte dans l’avion. À ce moment là c’est à mon fils que je pense. Il est devant son ordinateur, sur son simulateur, en train d’écouter les échanges de la tour de contrôle pour faire le trajet avec moi, mais aux commandes. Ça m’amuse et en même temps je suis bien content qu’il se soit trouvé une passion. L’avion décolle. Un vol un peu turbulent au début, mais fiston a bien fait ça et on s’est posé sans encombres à Holguin.

En franchissant la porte de l’avion, toujours un moment particulier. La moiteur des tropiques. Cette température si contrastée avec celle qui nous enveloppait 4 heures plus tôt. L’odeur particulière et indescriptible des pays tropicaux. Descente sur le tarmac, passage des douanes, et récupération du vélo. Reste à aller retrouver German, mon taxi qui est devenu mon ami qui m’attends. Il m’explique qu’il ne peut plus me ramener. Que l’aéroport ne permet plus aux gens de venir chercher les gens et que seuls les taxis autorisés par le gouvernement peuvent me prendre en charge. Lui peut prendre mon matériel, mais pas moi, sauf… si je monte mon vélo dans l’herbe et que je fais quelques centaines de mètres pour quitter l’aéroport. Ce que nous décidons de faire.

Dans une scène un peu surréaliste, j’ai donc monté mon vélo en vitesse et je l’ai enfourché. Quel bonheur de rouler en shorts, au soleil, sur un asphalte lisse comme une fesse de bébé… Ça n’aura juste pas duré assez longtemps, mais bon. Demain j’ai un beau programme.

L’après midi c’est ensuite passée bien normalement. J’ai déambulé dans les rues de la ville, mangé mon premier bocadito de jamon, changé de l’argent et acheté une carte pour être en contact avec le monde au nord. Après une visite à mes amis de la famille du taxi, qui m’ont l’un après l’autre demandé de nouvelles de Flora, je suis rentré, j’ai mangé sur le pouce et je me suis couché tôt pour rattraper mon sommeil. Juste avant de me coucher j’ai trouvé dans ma sacoche une petite carte postale écrite par la famille décidément Ariane est une épouse extraordinaire.

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