Jour 14 – Retour à la réalité

cuba2016

C’est toujours un choc quand on rentre à l’aéroport après avoir passé deux semaines hors des sentiers battus. Ça me remue tellement que je n’en ai pas fait de photos. Au bout d’une allée bordée de palmiers se trouve le bâtiment. En face, des autobus de touristes facilement reconnaissables car ce sont les seuls autobus de luxe de l’île ont déjà déversé leur flot de gens rassasiés et grillés après une semaine aux petits soins dans ce paradis terrestre. Comme on est à Cuba, il n‘y a que deux comptoirs pour s’enregistrer et la queue est interminable.

C’est là que le français en moi, affublé du sobriquet de chialeux dont j’ai hérité par magie de mes compatriotes se bidonne bien. Les touristes se retrouvent soudain face à la réalité, même édulcorée, de la bureaucratie cubaine et deviennent les champions du monde de la critique et de l’arrogance. Difficile, après une semaine où tout le monde est à tes pieds, de trouver des toilettes puantes pour lesquelles il faut payer et qui n’ont pas de porte qui barre. Difficile de ne pas pouvoir faire ses courses au hors taxes parce que la carte de crédit n’est pas fonctionnelle aujourd’hui. Mañana la tarjeta. Difficile de devoir payer pour un hot dog sans saveur. Bref, un moment de divertissement doux amer qui force la réflexion sur la planète dans laquelle nous vivons.

Ce voyage de deux semaines dans la vie cubaine a été d’une intensité sans pareil. J’ai pu plonger dans une réalité dont une grande partie m’échappe encore. Je suis en admiration devant la façon dont les cubains luttent chaque jour pour remplir leur assiette, et celle des autres si quelqu’un vient à passer. Ces moments que j’ai partagé avec vous, et d’autres que je n’ai pas pu dévoiler ou que je n’ai pas pris le temps de raconter auront sans doute un impact important sur ma vie. Difficile dans leur peau de faire confiance à l’avenir. L’incertitude quant à la succession du régime, l’impossibilité d’envisager l’avenir de façon optimiste quand ils voient la lenteur des changements, la difficulté constante à obtenir des produits de première nécessité, l’imprévisibilité des forces de l’ordre.

Un endroit plein de mystères où nous avons la chance de ne pas être né.

Je voulais aussi remercier tous ceux qui m’ont suivi dans cette aventure et qui ont commenté mes publications. Je suis chanceux de vous avoir comme amis. Finalement, ceci ne serait pas possible sans la confiance et l’amour de ma chérie que je suis bien content de retrouver!

Je posterai peut-être d’autres anecdotes d’ici les prochains jours, mais le mieux serait de se voir pour en jaser. Rien ne vaut un bon vieux contact humain! (tous les chialeux français sont aussi invités à la maison).

Adios amigos!

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